En bref : réagir après un vol annulé en auto-transfert
En cas de vol annulé sur une correspondance séparée, seule la compagnie ayant annulé son vol doit vous rembourser, le second billet étant généralement perdu sans couverture spécifique.
- Remboursement obligatoire : La compagnie aérienne qui annule doit restituer 100 % du prix du billet inutilisé sous 7 jours.
- Indemnisation forfaitaire : Selon la distance du trajet, vous pouvez réclamer 250 €, 400 € ou 600 € si le préavis est inférieur à 14 jours.
- Frais d’agence inclus : La Cour de justice de l’Union européenne (arrêt C-732/19) impose le remboursement des frais de réservation prélevés par les intermédiaires.
- Recours gratuits : Contactez le Médiateur Tourisme et Voyage (MTV) ou le Centre Européen des Consommateurs (CEC) pour régler un litige.
Comprendre vos droits sur des billets achetés séparément
Acheter deux billets séparés auprès de compagnies low-cost (auto-transfert ou self-transfer) constitue deux contrats de transport juridiquement indépendants. En vertu du Règlement (CE) n° 261/2004 de l’Union européenne, le transporteur assurant le second vol n’a aucune obligation de vous réacheminer ou de vous rembourser si un retard ou une annulation sur le premier vol vous fait rater votre correspondance.
Le premier transporteur doit en revanche assumer l’annulation de sa propre prestation. Si votre départ est annulé, la compagnie opératrice est légalement tenue de vous proposer le choix entre un réacheminement ou le remboursement intégral du billet sous 7 jours pour la partie du voyage non effectuée.
Calculer le montant de votre indemnisation forfaitaire
En plus du remboursement du billet, vous avez droit à une compensation financière forfaitaire si l’annulation vous a été notifiée moins de 14 jours avant l’heure de départ prévue, sauf en cas de circonstances extraordinaires.
Selon le Règlement (CE) n° 261/2004, le montant fixe de cette indemnité dépend strictement de la distance de la liaison aérienne concernée :
| Type de vol et distance | Indemnité forfaitaire par passager | Délai légal de paiement du remboursement |
|---|---|---|
| Tous vols jusqu’à 1 500 km | 250 € | 7 jours |
| Vols intra-UE de plus de 1 500 km et autres vols entre 1 500 km et 3 500 km | 400 € | 7 jours |
| Vols non intra-UE de plus de 3 500 km | 600 € | 7 jours |
Récupérer les frais d’agence de réservation en ligne
Si vous avez réservé vos billets via une agence de voyages en ligne ou un comparateur tiers, ces intermédiaires appliquent souvent des frais de dossier. La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), par l’arrêt C-732/19, a établi que le remboursement exigible auprès de la compagnie aérienne doit inclure la totalité des frais de réservation facturés par ces agences tierces.
En cas de refus du vendeur intermédiaire d’inclure ces coûts dans le remboursement, vous pouvez invoquer explicitement cette jurisprudence communautaire dans votre réclamation écrite.
Gérer la situation à l’aéroport : Option A vs Option B
Face à une annulation imprévue au guichet ou à la porte d’embarquement, adoptez une stratégie pragmatique selon votre priorité immédiate.
Option A : Poursuivre le voyage à vos frais
Si vous devez absolument atteindre votre destination finale malgré le risque sur le second vol :
- Demandez immédiatement une attestation écrite d’annulation au comptoir de la première compagnie.
- Achetez un nouveau billet direct sur la première liaison disponible ou modifiez votre second trajet si le tarif de modification reste abordable.
- Conservez l’ensemble des justificatifs et factures d’achat.
- Soumettez une demande d’indemnisation forfaitaire (250 €, 400 € ou 600 €) auprès de la première compagnie dès votre retour.
Option B : Annuler le déplacement et exiger le remboursement
Si rater votre seconde correspondance rend l’ensemble du voyage inutile :
- Refusez toute proposition de réacheminement tardif qui ne permettrait pas d’attraper votre second vol.
- Exigez le remboursement intégral sous 7 jours de votre premier billet d’avion en vertu du règlement européen.
- Consultez les conditions de votre second billet auprès du transporteur low-cost pour vérifier si les taxes d’aéroport peuvent au moins vous être restituées.
Engager des recours juridiques et administratifs en France et dans l’UE
Si la compagnie aérienne refuse de procéder au remboursement sous 7 jours ou rejette votre demande d’indemnisation légitime, plusieurs voies de recours gratuites s’offrent à vous.
En France, l’article 2224 du Code civil fixe le délai de prescription à 5 ans pour engager une action en justice contre un transporteur aérien au titre du Règlement (CE) n° 261/2004. Avant d’en arriver là, privilégiez les démarches amiables :
- Le Médiateur Tourisme et Voyage (MTV) : Pour les litiges non résolus avec des compagnies signataires de la charte de médiation, vous pouvez saisir gratuitement le MTV afin d’obtenir un avis indépendant.
- Le Réseau des Centres Européens des Consommateurs (ECC Net) : Si la compagnie aérienne est basée dans un autre État membre de l’Union européenne, soumettez une réclamation transfrontalière gratuite auprès du réseau CEC.
- La Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) : Vous pouvez déposer un signalement officiel auprès de la DGAC pour manquement administratif si le transporteur refusant d’appliquer la réglementation opère au départ de la France.
Questions fréquentes
Comment se faire rembourser un vol annulé sur une correspondance séparée ?
Demandez le remboursement intégral de votre billet à la compagnie qui a annulé son vol. En vertu du Règlement (CE) n° 261/2004, le paiement doit intervenir sous 7 jours. Si le second vol est manqué, le remboursement dépend de son tarif d’origine.
Quel est le montant de l’indemnité pour un vol low-cost annulé ?
Si vous êtes prévenu moins de 14 jours avant le départ, l’indemnité fixe est de 250 € pour les trajets jusqu’à 1 500 km, 400 € pour les vols intra-UE de plus de 1 500 km, et 600 € pour les vols non intra-UE de plus de 3 500 km.
Quel est le délai légal pour porter plainte contre une compagnie aérienne en France ?
Selon l’article 2224 du Code civil français, le délai de prescription est de 5 ans pour présenter une demande d’indemnisation ou engager un recours judiciaire contre une compagnie aérienne dans le cadre du droit européen.












